François Genty, le bien nommé, nouveau Président du CD80

François Genty est depuis le mois de juin, le nouveau Président du Comité départemental de la Somme de billard. Avant cette nomination, François est passé par le club de billard d'Amiens, puis de Pont de Metz, dont il a également pris la Présidence il y a quelques années.

 
A la base, François s'est spécialisé dans les jeux de série, mais depuis quelques temps, il fait également de belles performances aux 3 Bandes, discipline dans laquelle  il a notamment remporté à 2 reprises le challenge Bretel par équipes en compagnie de son ami, Jérôme Dieudonné.
 
A la tête du CD80, François est accompagné d'une belle équipe qui aura la lourde tâche de faire face à la situation sanitaire que nous vivons actuellement face au virus covid-19 qui nous éloigne de nos salles de billard et nous prive de compétition. Ce ne sera pas chose facile, mais nous pouvons faire confiance à François pour "mener ce match" avec volonté et compétence.
 
 
François s'est prêté à notre challenge et nous le remercions pour son investissement et les éloges faites sur notre club dans cette belle interview.
 
 

Comment as-tu connu le billard et depuis combien de temps es-tu licencié à la FFB ?

 

J'ai connu le billard français vers l'âge de 15-16 ans en Touraine, par 2 copains qui s'étaient inscrits au club local à Amboise ; celui-ci se situait à l'époque dans un café salle de jeux avec flippers, baby foot et juke-box ; bref, on jouait dans un bordel indescriptible et une fumée de cigarettes qui nous empêchait (presque) de voir l'autre bout du billard. J'ai vite dû arrêter au bout de 5 ans environ, du fait de mes études puis mes vies professionnelle et familiale que j'ai entamées à Paris.
Mais j'avais hélas choppé le virus. Comme il n'existe pas de vaccin, j'ai rechuté au début des années 90 suite à mon retour en Touraine, après une quinzaine d'années d'abstinence totale, pour ne plus guérir depuis. Avant de débarquer en Picardie à la fin des années 2000, d'abord au club d'Amiens, puis à celui de Pont de Metz .

 

Quel est ton mode de jeu préféré ?

Pourquoi aimes-tu le billard ?

 

Mettez-moi devant n'importe quel billard, français, américain, snooker, anglais, russe, picard, etc.., j'aurai toujours envie d'y jouer. J'aime le billard pour la complexité qui se cache derrière sa simplicité apparente.
Maintenant, si l'on parle du billard français (pour les plus jeunes, on dit maintenant "carambole") que je pratique le plus assidument, je n'ai longtemps joué que la partie libre puis le cadre essentiellement, n'ayant pas de prédispositions particulières pour les points détachés et les passages par les bandes. Ce n'est que plus tard que j'ai pratiqué un peu par défaut le 3 Bandes, mode de jeu "à la mode" mais pour lequel je n'ai pas spécialement de disposition naturelle ou instinctive. Je déplore cependant depuis plusieurs années cette tendance à privilégier uniquement ce mode de jeu certes spectaculaire et davantage télévisuel, aux jeux de série. 

 

Quels sont tes passions et loisirs en dehors du billard ?

 

J'aime beaucoup les arts et spectacles en général : la musique, la danse, le cinéma, la peinture, etc... Rien que des expressions que je ressens profondément mais que je n'ai jamais eu la chance ou la possibilité de pratiquer. Paradoxalement, quand je joue au billard, je le vis un peu (et modestement) comme une oeuvre artistique, une harmonie ou une chorégraphie qu'il faut construire ; le billard doit nous jouer de la musique, pas faire du bruit ; les billes doivent nous offrir un ballet sur la table, pas errer sur celle-ci sans but précis et s'entrechoquer par "malchance". 

 

Quel est ton meilleur souvenir en lien avec le billard ?

 

​Oulala, le billard m'a tellement apporté de souvenirs inoubliables ! Trop nombreux à énumérer... Plutôt que certains titres, je retiendrais surtout quelques parties particulières par leur contexte, leur déroulement ou les circonstances dans lesquelles elles ont eu lieu et l'émotion qu'elles ont pu soulever en moi.
Egalement nos aventures en championnat de France par équipes avec mes amis de l'ex-club d'Harbonnières, les situations parfois cocasses et les fous rires que nous avons vécus lors de certains déplacements.
Mais ce sont surtout les rencontres humaines, les situations, les hommes et les femmes que l'on croise, que je retiendrais.

 

Quels sont les arguments que tu utiliserais pour convaincre une personne de venir jouer au billard au Rétro Albertin ?

 

Imaginons en effet,, que je n'aie pas pu le persuader de venir jouer dans mon propre club à Pont de Metz. Je lui dirais que je ne vois pas meilleur choix : un club structuré avec une école de billard et des formateurs hors pair, une équipe formidable qui nous accueille toujours les bras ouverts, qui prend énormément d'initiatives, avec des joueurs de tous niveaux jusqu'à l'élite nationale et même internationale. Le Rétro Albertin m'a (et pas qu'à moi) offert la chance de voir à maintes reprises beaucoup des meilleurs joueurs nationaux et du monde et je l'en remercie. Qui fait mieux dans la Somme, voire au-delà ?

 

As-tu une anecdote amusante à raconter qui t’est arrivée à l’occasion d’une compétition ou en lien avec le billard ?

 

Une seule ne me vient pas spécialement à l'esprit.
Lors d'une compétition par équipes au 3 Bandes, après avoir réalisé un point, une des billes est venue s'immobiliser près d'une bande où mon bleu était posé ; m'étant moi-même positionné prés de mon bleu pour l'utiliser tout en restant très concentré en regardant au loin sur le tapis pour étudier le point suivant, j'ai alors saisi la bille au lieu de mon bleu, en la portant sur mon procédé, provoquant l'hilarité générale dans la salle. J'ai dû retourner m'assoir.
Dans le même genre, je me rappelle une compétition à la

Partie Libre, à Tours : après que celle-ci ait débuté sur plusieurs billards, mon adversaire après avoir engagé avait réussi après quelques coups à regrouper les billes et trouver une position plutôt favorable dans le tiers, pas loin d'une bande, pour potentiellement continuer sur une série importante ; alors qu'il avait déjà réalisé une dizaine de points, le responsable de la salle, arrivant d'on ne sait où dans son dos, s'est saisi des 3 billes sans crier gare, pour les nettoyer : je revois toujours la tête hébétée de mon adversaire, de l'arbitre et tous les témoins de l'incident ; et celle du responsable après avoir pris conscience de sa boulette. Mon adversaire a dû recommencer la partie.

 

En tant que Président du CD80, quels sont tes objectifs pour les années à venir ?

 

Tout d'abord, que chacun ne trouve que du plaisir à pratiquer le billard, sans que des passions personnelles mises en avant par certains ne viennent perturber l'ambiance collective.
Ensuite, je crois que nos clubs doivent se structurer avec une école de billard et des formateurs qualifiés, ils doivent s'ouvrir davantage vers l'extérieur et vers d'autres disciplines que le carambole quand c'est possible, comme le club d'Amiens a osé le faire. 
Enfin, je suis très inquiet devant la baisse du nombre de clubs restants dans notre comité : les gens doivent aujourd'hui faire toujours plus de kilomètres pour trouver une salle de billard et faire une partie entre amis ou encore s'entrainer ou disputer une compétition ; à ce rythme là, il n'y aura bientôt plus que les "acharnés" pour s'y résoudre, alors que les autres se tourneront vers d'autres activités. C'est une cause certaine (entre autres) de la baisse du nombre de licenciés constatée depuis ces deux dernières années. Il faut absolument trouver des solutions afin de stopper l'hémorragie et retrouver un maillage plus serré des salles de billard.

 



Ajouté le 11/12/2020 par Frédéric Jonard - 0 réaction

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